Protestantisme

Le nom « protestant » vient de la protestation célèbre des princes chrétiens d’Allemagne à la Diète de Spire en 1529, à la suite de l’interdiction qui leur avait été faite de laisser prêcher librement l’Evangile sur leurs terres. Ce nom générique fut donné aux adhérents du vaste mouvement de la Réforme qui débuta au XVIème siècle avec Martin Luther.
Le verbe protester s’entend positivement et négativement. L’on proteste de sa foi et l’on proteste contre ce qui la dénature.

Les protestants affirment trois principes de base :

1) L’Ecriture seule, c’est-à-dire qu’ils privilégient une lecture personnelle de la Bible sans se laisser dicter son interprétation par une tradition ecclésiastique ou des commentateurs agréés. L’Ecriture sainte est l’unique règle de la foi.

2) La foi seule, c’est-à-dire que le salut offert par Dieu est saisi par la foi. Le salut ne dépend ni des nos mérites de quelque ordre qu’ils soient, ni de nos efforts en direction de la sainteté. Seule la foi rend le croyant conscient de la miséricorde infinie de Dieu à son égard.

3) La grâce seule, c’est-à-dire qu’il n’y a que Dieu qui sauve. Le salut est reçu gracieusement et une fois pour toutes en Jésus-Christ, ce qui libère l’énergie des chrétiens pour les autres et pour le monde.

Ces principes entraînent quatre conséquences principales :

1) L’Eglise n’est pas une hiérarchie intermédiaire entre Dieu et l’homme. S’il subsiste un clergé protestant, ce n’est pas dans ce sens-là. Les pasteurs sont des prédicateurs, des enseignants et des formateurs mais leur parole est relative et peut à tout moment être remise en cause. L’Eglise est un instrument de la vie spirituelle des fidèles, mais pas un but en soi. C’est pourquoi elle peut être réformée.

2) Il n’y a pas de culte intermédiaire. Les protestants n’invoquent ni la Vierge Marie ni les saints, ils ne prient pas pour les morts. Le culte est rendu à Dieu seul.

3) L’eucharistie est une commémoration. Le don que le Christ a fait de sa vie a été accompli une fois pour toutes, il n’a pas à être renouvelé.

4) L’éthique renvoie à la responsabilité personnelle du croyant devant Dieu. L’Eglise ne prétend pas dicter la conduite des fidèles, elle se veut simplement un milieu ou les questions éthiques sont débattues en sachant par avance qu’il n’y jamais de ligne d’action parfaitement juste.

La pensée protestante est susceptible, tout en conservant son inspiration initiale, de prendre des formes très diverses, selon les pays, les époques et les tempéraments locaux. Ces «variations» sont dans la logique même du courant protestant. Elles sont secondaires par rapport aux principes de base énoncés plus haut.

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