
Le mariage
Selon la conception réformée, ce n’est pas l’individu mais le couple qui forme la véritable personne humaine. Sans la présence d’une femme, un homme est incapable d’atteindre à l’être et sans la présence d’un homme, une femme en est incapable également. Le but du mariage n’est donc pas l’enfant mais l’achèvement de la personnalité et le bonheur de chacun des partenaires. C’est ainsi que l’égalité entre les sexes fut proclamée à Genève à partir du XVIe siècle.
Le mariage religieux n’est pas un sacrement mais une bénédiction prononcée sur le projet commun d’un couple. L’Église n’intervient pas dans la vie intime du couple et ne porte aucun jugement sur la manière dont il gère sa sexualité. En principe, les chrétiens réformés sont favorables à la contraception ainsi qu’au libre choix en matière d’interruption de grossesse.
La bénédiction des unions homosexuelles fait actuellement débat dans les Eglises réformées de la Suisse. Si certaines Eglises alémaniques le pratiquent, ce n’est pour l’heure pas le cas à Genève.
L’éventualité de la dissolution du mariage est admise (mais pas encouragée !), tenant compte du fait que les promesses humaines sont fragiles, contrairement aux promesses de Dieu, qui restent intangibles. Le remariage religieux est donc possible.
La pratique dite du mariage mixte (entre protestant et une autre confession) est devenue courante aujourd’hui. Elle fait l’objet d’accords précis, avec l’Eglise catholique romaine en particulier. La seule condition étant qu’aucune promesse ne doit être exigée par l’une ou l’autre partie concernant le baptême des enfants éventuels. Plus rares, mais toujours envisageables du point de vue réformé, sont les mariages interreligieux : judéo-chrétiens, islamo-chrétiens, bouddhistes-chrétiens etc… Chaque cas fait l’objet d’un accompagnement adapté.
Une noce au XVIIe siècle par Diodati