
Le Baptême
Le verbe grec baptiser signifie plonger dans l’eau. Il désigne un geste chrétien spécifique marquant l’entrée officielle dans l’Eglise. Ce geste est ignoré de la Bible hébraïque.
Il apparaît dans le Nouveau Testament comme une création originale du prophète Jean, fils du prêtre Zacharie, et surnommé à cause de cela le Baptiste. Selon les Evangiles, Jésus fut baptisé par Jean mais lui-même n’a pas baptisé au cours de son ministère terrestre. En revanche ses disciples baptisent et cette pratique sera reprise après l’événement de la mort et de la résurrection de Jésus par les diverses communautés chrétiennes primitives.
Si au départ ce sont des adultes qui sont baptisés pour des raisons évidentes, l’habitude de baptiser des petits enfants a dû être prise très tôt. Lors du voyage de Paul en Macédoine (Actes 16) est racontée l’histoire d’une marchande de pourpre nommée Lydie qui fut baptisée « elle et toute sa famille ». La famille était fort large dans l’Antiquité et comptait même les esclaves. Il y avait certainement des enfants dans la famille de Lydie.
Baptistère primitif de Saint Pierre situé dans le site archéologique
Dès que le message chrétien pénétra dans les milieux païens, le baptême subit des transformations doctrinales. Déjà l’apôtre Paul signale à Corinthe la pratique d’un mystérieux « baptême pour les morts » dont on ignore tout. On en est venu à prêter au baptême des vertus qu’il n’a pas. Par exemple l’idée que le baptême effaçait tous les péchés commis conduisit beaucoup de nouveaux chrétiens à retarder le plus possible cet acte, parfois jusqu’à la veille de la mort afin d’être sûrs de comparaître devant Dieu en état de pureté. On a aussi soutenu que le baptême protégeait le croyant contre les puissances mauvaises ou encore (cette légende a survécu jusqu’à nos jours) que l’enfant mort sans avoir reçu le baptême était livré à la colère de Dieu.
La Réforme est revenue à la simplicité des origines. Le baptême est un signe matériel et n’est que cela. Il n’a aucune vertu particulière. Il signifie de façon visible et publique que la grâce de Dieu est déjà sur qui le reçoit. Dieu n’est en aucune façon lié par ce signe, au contraire il le précède. Même sans baptême, l’être humain est aimé de Dieu. C’est pourquoi le geste du baptême doit toujours être accompagné de la parole qui l’explique.
L’Eglise réformée pratique le baptême des adultes et le baptême des enfants. Dans ce dernier cas, ce sont les parents, parrain et marraine, qui prennent l’engagement de veiller à l’éducation religieuse de l’enfant qui plus tard pourra par lui-même confirmer ces engagements. Une alternative est possible, celle de la présentation.
L’Eglise réformée ne pratique pas le rebaptême. Il est important de souligner que le baptême est le seul acte vraiment œcuménique. Un catholique ou un orthodoxe qui choisirait de devenir protestant ne sera pas baptisé une seconde fois et réciproquement.